L’enfant qui voulait aller remercier Dieu

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Mai, 2019

Le conte européen est un amusement populaire. Le conte africain est un enseignement. Ce conte africain explique aux enfants de quelle manière l’on peut remercier Dieu.

Le vieillard Babamzé et l’enfant Ioma vivaient au fond d’ une forêt avec toute leur famille. Ioma aimait les longues veillées où Babamzé racontait des histoires passionnantes autour du feu. C’est à lui que Ioma posait les questions les plus sérieuses qui lui venaient à l’esprit.

Un soir il admire une belle étoile. Alors il demande au vieillard Babamzé :

_ » Babamzé, qui nous a donné une si belle étoile ?  »
_ » C’est Dieu  » répond le vieil homme.

Le lendemain, Ioma admire ses mains qui lui permettent de jouer, de travailler. Il pose la même question à Babamzé :

_ »Qui m’a donné des mains ?

Et la réponse du vieillard est toujours la même :

_ » C’est Dieu. »

Un jour Ioma est tellement heureux de pouvoir marcher et courir dans la forêt qu’il se demande qui lui a donné des pieds pour trotter ainsi. Il reçoit la même réponse de Babamzé.  » Dieu  »

 » Il est bien bon, Dieu », se disait Ioma, « de nous avoir donné tout ça : les étoiles, les mains, les pieds…. ».  Et il ajouta :

_ » Babamzé ! Où habite Dieu ? Je veux aller le remercier !  »

Le grand-père lui dit, en pensant à sa mort :

_ » Dieu, je le verrai bientôt ; je pourrai le remercier à ta place.  »

Mais Ioma voulait partir tout de suite pour aller remercier Dieu. Et comme il pensait qu’ il lui faudrait attendre trop longtemps pour que Babamzé l’accompagne, il décida d’ y aller seul.

« Dieu, je le verrai bientôt ; je pourrai le remercier à ta place »

Tout le monde dormait encore quand Ioma se glissa hors de la hutte et prit un tison dans le feu. Il prit aussi une cruche de terre pour puiser de l’eau et un panier pour cueillir des fruits. Il s’enfonça dans la forêt inconnue, après avoir fait un crochet à droite pour remplir sa cruche, et un crochet à gauche pour remplir son panier de fruits.

 » Dieu aura bien chaud », pensa-t-il, « En arrivant chez lui, je lui donnerai mon tison en remerciement. Il pourra aussi se désaltérer avec mon eau et se réconforter avec mes fruits.  »

Ioma marchait depuis très longtemps, quand il entendit à quelques pas de lui un bébé pleurer. Il avait froid et sa maman aussi. Elle n’arrivait pas à faire du feu. Ioma regarda le bébé et sa maman et puis il regarda son tison. Il dit :

_ » Comment Dieu qui est si bon, pourrait-il être heureux de recevoir mon tison, s’il apprend que j’ai laissé ce petit enfant pleurer de froid ?  »

Il donna son tison à la maman et continua son chemin.

Un peu plus loin, il rencontra un homme assis au pied d’ un arbre. il était si fatigué qu’ il eut à peine la force pour lever la tête quand Ioma passa devant lui.

_ » Oh, donne-moi à boire,  » murmura-il. Il y avait en effet trois jours que ce pauvre homme n’ avait pas bu. Ioma le regarda, et puis il regarda sa cruche et se dit :

_ » Comment Dieu qui est qui est si bon, pourrait-il être heureux de mon eau s’il apprend que j’ai laissé mourir de soif un pauvre homme ?  »

Il lui donna toute son eau.

Il marcha encore longtemps et puis il rencontra une petite fille. Quand elle l’aperçut, elle lui demanda en suppliant :

_ » Oh, s’il te plait, donne-moi de tes fruits, il y a trois jours que je cherche sans rien trouver. » Ioma la regarda, puis il regarda ses fruits….et les donna à la petite fille.

_ » Comment Dieu qui est si bon », se disait-il, « serait-il heureux de recevoir mes fruits, s’il apprend que j’ai laissé une petite fille avoir faim ?  »

C’ est les mains vides qu’il continua son chemin, en direction de chez Dieu. Il marcha, marcha….toujours par le chemin inconnu sans trouver Dieu. Exténué de fatigue, de faim et de soif, il se laissa tomber dans les broussailles et pleura. Il était perdu. Il ne savait même pas par où passer pour retourner chez lui. Il s’endormit.

Quand il se réveilla, il faisait déjà nuit. Il se trouva blotti dans les bras de Babamzé qui le regardait avec tendresse devant le feu. Il ne lui demanda même pas pourquoi il était parti. Il avait tout compris. L’enfant en pleurs dit tout bas au vieillard :

_ » Je ne l’ai pas trouvé et pourtant j’ai beaucoup marché…. »

_ » Si, Ioma, tu as trouvé Dieu », dit le vieillard,  » Il a reçu ton tison, l’eau, les fruits, car Dieu aime tellement les hommes, que tout ce qu’on leur fait, c’est comme si on le faisait à Lui « .