Le palmier, l’âne et l’araignée

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Jan, 2021

Conte écrit d’après la tradition chrétienne

Après sa naissance, la nuit de Noël, tout le monde vint admirer l’enfant Jésus. On l’appelait le nouveau roi. Un seul homme dans le royaume, ne se réjouissait pas de sa naissance : c’était le roi Hérode. Jaloux, il attendait le retour des rois mages pour qu’ils lui disent où se trouvait ce bébé. Il avait hâte de se débarrasser de lui car il avait peur qu’il lui prenne sa place. Il attendit longtemps. Et quand il comprit que les rois mages ne reviendraient pas, il se mit en colère et ordonna à ses soldats :
_ Trouvez ce bébé et tuez-le. Car le seul le roi, ici, c’est moi !

Un gentil berger, qui avait tout entendu, courut à la crèche prévenir Joseph et Marie, les parents du petit bébé :
_ Partez vite ! Les soldats d’Hérode vont arriver et ils veulent tuer votre enfant !
_ N’aie pas peur, Marie, dit alors Joseph à sa femme. Prends le petit dans tes bras et monte sur cet âne. Allons en Egypte. Là-bas, nous serons en sécurité. La petite araignée de la crèche nous accompagnera. Elle nous portera bonheur !

Et ils partirent dans le désert…

Après une longue route, le bébé se mit à pleurer. Joseph s’arrêta sous un grand palmier et dit :
_ Il a faim, pauvre petit ! Si seulement nous avions quelques fruits à grignoter …

Alors, comme par magie, le grand palmier majestueux baissa ses branches jusqu’à terre, pour leur offrir ses plus belles dattes. Joseph en cueillit un plein panier, la petite famille s’installa à l’abri du vent, pour déguster les fruits. Pendant ce temps, l’âne montait la garde. Soudain, l’animal aperçut au loin les soldats d’Hérode. Il voulut prévenir Joseph, seulement voilà, à cette époque, les ânes ne savaient pas braire ! … Que faire ? L’âne regardait tour à tour le bébé merveilleux qui risquait de mourir, et les méchants soldats qui arrivaient à grandes enjambées…

Tout à coup, du fond de sa gorge monta un « Hi han ! » du tonnerre ! Le premier « Hi han ! »  de tous les ânes de la terre !

« Tout à coup, du fond de sa gorge monta un « Hi han ! » du tonnerre !  »

À ce cri, Joseph se retourna et il vit les soldats qui arrivaient. Il s’écria :
_ Marie, allons vite nous cacher dans cette grotte ! La grotte était bien petite pour 3 personnes et un âne !
_ Ils vont nous voir, murmura Marie. Nous ne sommes pas bien cachés…

Alors, comme si elle comprenait le danger, la brave petite araignée se mit à tisser une toile pour boucher l’entrée de la grotte !
_ Allez, plus vite, petite araignée ! l’encouragea Joseph.

Elle termina son travail juste à temps. Ouf ! Les soldats étaient là, à quelques pas, devant eux… Mais quand ils virent que l’entrée de la grotte était bouchée par une toile d’araignée, ils firent demi-tour en criant :

_ Ah ! Pour sûr, personne n’a mis les pieds ici depuis un bon moment ! Une énorme toile d’araignée bouche l’entrée. Allons-nous-en !

Dès qu’ils furent loin, Marie s’écria :
Oh ! merci petite araignée, tu nous a sauvé la vie ! À cet instant, la jolie toile d’araignée se mit à briller comme de l’argent.

Ainsi, grâce à l’aide d’un palmier, d’un âne, et d’une minuscule araignée, Marie, Joseph et Jésus échappèrent aux soldats et s’installèrent en Égypte jusqu’à la mort du roi Hérode. Et c’est depuis ce jour, dit-on, que les palmiers sont penchés, que les ânes savent braire et que les araignées tissent de jolies toiles argentées.